mercredi 10 février 2010
CHANGEMENT D’ATTITUDE POUSSE PAR UNE CONVERGENCE DE FACTEURS
L’ENTREPRISE DOIT VEILLER A LA SANTE PHYSIQUE ET MENTALE DE SES EMPLOYES
En matière de santé au travail, l’entreprise est désormais soumise à une "obligation de résultat"

LE GRAND DESARROI DES ENTREPRISES FACE AU STRESS

« Les entreprises quittent peu à peu la posture du déni »

Très répandu en France, le stress professionnel est longtemps resté ignoré.

Un changement d’attitude poussé par une convergence de facteurs : la médiatisation des suicides dans certaines entreprises, la mobilisation du gouvernement mais aussi la sensibilité des organisations syndicales qui commencent à se saisir du sujet. Sans oublier des contraintes juridiques de plus en plus fortes…

En cas de non respect de l’obligation pour l’entreprise de « veiller à la santé physique et mentale de ses employés », elle peut se voir condamnée pour faute inexcusable.

Un arrêté de 2008 de la Cour de cassation stipule qu’en matière de santé au travail, l’entreprise est désormais soumise à une « obligation de résultat ». Preuve que s’en tenir à une simple réparation ne suffit plus.

La peur de voir la réputation de l’entreprise dégradée serait un moteur d’action efficace. Si les directions adoptent un discours montrant d’avantage d’empathie, elles n’en restent pas moins démunies. Embarrassées les grandes entreprises s’en remettent volontiers au dialogue social. Elles ne sont pas mécontentes de déléguer aux syndicats ce délicat sujet. Certaines tentent toutefois d’aller plus loin en adoptant des mesures plus ou moins efficaces.

Ainsi les formations ont-elles le vent en poupe.

Les DRH proposent à leurs managers quelques jours pour les aider à repérer les signes d’épuisement des équipes… En vogue également, la création d’observatoires de santé au travail et autres baromètres sociaux, basés sur l’envoi de questionnaires.

Le Ministre du Travail Xavier Darcos a choisi d’en faire son sujet. Estimant que la « politique de prévention des risques sociaux a été trop longtemps sous-estimée »,

Autre facteur de stress dont les managers sont de plus en plus nombreux à se plaindre : la cadence des déplacements. A défaut d’alléger les emplois du temps des cadres nomades, certaines entreprises réfléchissent à une façon de les dédommager. Aussi intéressantes soient elles, ces initiatives ne s’attaquent pas à l’organisation du travail. Or c’est bien là le sujet. Ainsi les experts fustigent le management par objectifs, pourtant pilier du fonctionnement des sociétés du CAC 4O.

Source : Extrait CHALLENGES N° 189 – 19 Novembre 2009

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